Rencontre avec Be.A.Sin, en guest à MBA Grenoble

Certains d'entre vous la connaissent déjà en tant qu'ancienne tatoueuse du shop de Chambéry : Be.A.Sin revient chez MBA, cette fois en tant que guest artist ! Elle sera à notre shop de Grenoble entre le 26 décembre et le 3 janvier prochain. Si vous ne le saviez pas, depuis l'été dernier Be.A.Sin vit et travaille à Montréal. Comme ça faisait longtemps qu'on ne l'avait pas vue et surtout parce qu'on voulait apprendre d'avantage sur ses nouvelles expériences dans son pays d'adoption le Canada, nous lui avons posé quelques questions sympas à découvrir dans cette interview ! ^^

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MBA : Salut Be.A.Sin! Pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te décrire en quelques mots?

Be.A.Sin : Allô ! Eh bien, je suis française, j’ai 30 ans et je suis (artiste) tatoueuse. Ceux qui me connaissent pourraient ajouter que je suis du genre speed et stressée aussi (sourire) !

MBA : Tu es tatoueuse depuis combien de temps? Pourquoi as-tu choisi ce métier?

Be.A.Sin : Je tatoue depuis juin 2016, donc depuis un an et demi. J’ai commencé à tatouer relativement tard, simplement car je m’étais lancée dans des études supérieures longues (et douloureuses) en psychologie, et comme je suis du genre “jusqu’au-boutiste”, je suis allée au bout. Mais après mon doctorat, j’ai réalisé que ce domaine était définitivement trop stressant pour moi et que je ne m’y sentais pas vraiment à ma place.
Ce que je voulais vraiment faire de ma vie était lié au dessin. Je dessine depuis le début du lycée, c’est une vraie passion que je n’ai jamais lâchée depuis que j’ai 14-15 ans, même durant mes études. J’ai toujours pris cette activité trèèèèès au sérieux et j’ai touché un peu à tous les style de média imaginables (gravure, aquarelle, stylo bille, crayon et méthodes numériques à travers Illustrator, Photoshop, etc). Cette passion m’a donnée toutes les cartes dont j’avais besoin pour me lancer dans le tattoo.

J’ai quand même envisagé de devenir tatoueuse relativement tard – vers 25 ans – suite à la rencontre d’Eric (Eric tattoo à Pont-de-Beauvoisin), mon tatoueur à l’époque. Le tatouage rassemble beaucoup de choses que j’aime : la relation étroite avec mes clients pour déterminer leur besoins, la création, le challenge et surtout, l’occasion (à l’époque) d’apprendre à maîtriser une nouvelle technique.
Je viens d’un milieu différent et je pense que mes études m’ont appris à écouter et comprendre ce que veulent les gens, c’est aussi pour cette raison que je tiens à rester aussi polyvalente que possible dans ma pratique, graphiquement parlant. Pour moi le tatouage, ce n’est pas à propos de mon art, mais plutôt à propos de la sensibilité des gens que je tatoue. C’est ce qui me plaît là-dedans. Comme chacun est différent, chaque personne que je rencontre me confie une part d’elle même, de sa propre sensibilité. On n’est jamais seul quand on est tatoueur, on travaille toujours à deux. C’est ce qui me plaît le plus je pense !

                                 

MBA : Quels sont tes styles graphiques préférés et où trouves-tu ton inspiration? 

Be.A.Sin : Comme je l’ai signalé avant, j’aime ne pas avoir un style en particulier. C’est ce qui me permet d’élargir mes horizons et de satisfaire les goûts d’un plus grand nombre de personnes. J’aime le réalisme, les tatouages graphiques, le noir et gris, la couleur…Sinon, j’adore reprendre des vieux tatouages, ou des tatouages ratés, pour leur donner une seconde vie. C’est quelque chose que peu de tatoueurs aiment faire, mais moi j’adore! C’est le côté restauration d’œuvre d’art qui me plaît et au travers ça, de voir des gens arriver au shop mécontents de leur tatouages, puis les voir repartir avec le sourire et avec un tatouage qu’ils aiment. Ça me comble de joie. 
Pour mon inspiration, je la puise de partout…Quand je fais des flashs par exemple, je dois avouer que ça tourne souvent autour de thématiques “naturelles” (visages d’hommes et d’animaux, éléments végétaux, etc). En termes d’image, je me sers un peu comme tout le monde d’Instagram, Deviantart, puis sans doute Google qui est mon meilleur ami (rire). Ce sont des sources de références et d’inspiration intarissables.

                        

MBA : Quelle est la tendance tatouage du moment selon toi ?

Be.A.Sin : Je pense que cela dépend beaucoup de l’endroit où on se trouve. À Montréal, la tendance comme en France, est au géométrique, au dotwork et au réalisme (ça fait très longtemps que le réalisme est “à la mode” donc on ne peut pas vraiment parler de tendance pour ça je pense). L’aquarelle a aussi le vent en poupe.

Mais si on regarde ce qu’il se passe du côté de Vancouver par exemple, la tendance depuis des années est au traditionnel japonais et américain.

MBA : S’il fallait nous raconter une anecdote d’une séance tattoo, tu choisirais laquelle?

Be.A.Sin : Hummm…Une anecdote…J’ai de la chance pour l’instant, rien de fou ne m’est arrivé…désolé ! (rire)
Je n’ai pas tatoué de zizis, je n’ai jamais eu de demande bizarre. Le pire qui me soit arrivé c’est quand une de mes clientes, Mathilda,  s’est évanouie après un tattoo et est mal tombée, du coup pompier et tout le tralala. Mais elle s’en est bien remise !!! Par contre je dois avouer que ça a été un moment super impressionnant dont tout le shop de MBA Chambéry se souvient…

 

MBA : Tu as quitté la France pour t’établir au Québec depuis cet été. Quels sont les grands changements que cette nouvelle expérience de vie t’apporte au niveau professionnel, mais aussi personnel?

Be.A.Sin : Au niveau professionnel, j’ai pas mal de chance car je suis tombée sur un tattoo shop où l’ambiance est la même que chez MBA : en mode petite famille. Comme dans mon ancien shop, tout le monde est prêt à te donner un avis, un coup de main ou un conseil. Dans ma pratique, ce qui a changé est le fait que je travaille aujourd’hui en open-space, ce qui est tout nouveau pour moi. De plus, les normes d’hygiènes ne sont pas du tout les mêmes. Aucun “diplôme” n’est obligatoire pour pratiquer à Montréal. J’ai donc dû réapprendre à faire mon asepsie à leur manière.

Il y a aussi des walk-ins ici, qui ne sont pas très répandus en France et que je n’avais jamais pratiqué. Un walk-in, c’est basiquement un tattoo minute. Tu entres dans le shop avec ton motif (il peut être grand ou petit, mais généralement, l’artiste n’a pas de modification majeure à faire) et un tatoueur qui n’a pas de rendez-vous en cours te tatoue directement, sans avoir pris de rendez-vous au préalable. Les époques pour se faire tatouer sont également différentes entre la France et Montréal. En France, les gens se font moins tatouer en été a cause du fait qu’il ne faut pas se baigner ou s’exposer au soleil durant la cicatrisation. A Montréal, c’est l’inverse. En hiver, les salons sont un peu désertés simplement à cause des -20°C qu’il faut braver pour aller jusqu’au salon….Enfin, la plus grosse différence pour moi est que certains de mes collègues ne parlent que l’anglais, ainsi que beaucoup de mes clients. J’ai donc dû apprendre plein de vocabulaire lié au tatouage !
Personnellement, hum… Eh bien pas grand chose n’a changé, mis à part que le rythme est plus cool ici et la vie en général est moins stressante. La ville est très agréable à vivre et comme j’adore la neige, je suis contente d’être ici !

MBA : Montréal est une grande ville très mixte qui bouge énormément sur la scène artistique. Trouves-tu que le mouvement culturel autour du tattoo est très différent de celui qu’on retrouve en France? Quelles sont tes remarques vis-à-vis du sujet?

Be.A.Sin : Oui, le mouvement culturel autour du tattoo est différent. On le voit notamment au travers des walk-ins précédemment mentionnés. Je pense que ça montre le côté plus démocratisé du tatouage ici. On se fait des tatouages comme on achète une paire de boucles d’oreilles. En France, les gens prennent généralement le temps de bien réfléchir à leur tattoo car ils savent qu’un tatouage peut porter préjudice à leur carrière professionnelle ou à leur vie sociale. À Montréal, personne ne jugera quelqu’un sur ses tattoos. C’est quelque chose de bien plus accepté culturellement.

MBA : Quelle est ta recette québecoise préférée? ^^

Be.A.Sin : La poutine définitivement ! Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le concept de “poutine”: ce sont des patates (en frites ou écrasées) avec de la viande, du fromage en grains et de la sauce poutine. Un truc pour les gros dans l’âme, qui me convient à merveille ! Celles de PoutineVille sur la rue Beaubien : les meilleures de Montréal et le patron est un amour ! Sinon, le bacon au sirop d’érable n’est pas mal non plus, héhé !

MBA : Tu nous donnes faim ! Un dernier petit mot ?

Be.A.Sin : Merci de m’avoir donné l’occasion de faire ma première interview ! C’était l’fun, comme on dit en québécois ! 😉

 

Merci à toi pour ce petit moment de découverte et on a bien hâte de te revoir à nos côtés!

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À bientôt parmi nous ! ^^

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